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Chris Mavinga, nouvelle vie au «paradis»

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Chris Mavinga (d) avec le maillot du Toronto FC. Vaughn Ridley/Getty Images/AFP

Depuis son arrivée l'an passé à Toronto, au Canada, Chris Mavinga semble renaître. Après plusieurs saisons difficiles, l'international congolais, âgé de 26 ans, enchaîne désormais les belles performances en MLS, le championnat nord-américain, et veut faire oublier « les petites bêtises » du passé.


De notre correspondant à Montréal,

« Avec ma femme en or et ma fille, je ne peux plus faire de connerie », sourit Chris Mavinga, contraint de manquer la dernière rencontre de son club contre Montréal, la faute à une légère douleur aux adducteurs contractée le 13 mars au Mexique, contre les Tigres d'André-Pierre Gignac.

« Je suis une autre personne »

Ce soir-là, en quart de finale de la Ligue des champions locale, le défenseur réalise une partie dantesque, permettant à son équipe de se qualifier pour la première fois de son histoire pour le dernier carré de l'épreuve. Une performance digne de la flatteuse réputation de l'ancien pensionnaire du centre de formation du PSG, qui avait rejoint Liverpool à 18 ans.

International espoirs français, Chris Mavinga se retrouve ensuite dans la tourmente, après une virée nocturne un soir d'automne 2012, en plein rassemblement tricolore - en compagnie notamment de Yann M'Vila, Antoine Griezmann et Wissam Ben Yedder. Suspendu un temps par son nouveau club, le Stade rennais, il est également privé de convocations nationales pendant un an.

Cette époque paraît désormais bien lointaine. « Les petites bêtises que j'ai faites sont effacées. Je suis une autre personne », poursuit le jeune père d'une petite fille qui vient de fêter le 23 février sa première bougie. Le 23, comme le numéro d'un maillot choisi pourtant en fin janvier 2017, lors de sa signature à Toronto. « Ma fille m'a apporté beaucoup de chance dans ma vie », assure-t-il.

De retour en défense centrale

Entre le changement de couches et les nuits écourtées, Chris Mavinga a également repris le fil d'une carrière sportive qui semblait s’inscrire en pointillés, après de nombreux mois passés sur le banc de touche du Rubin Kazan, en Russie.

Pour justifier sa belle forme sportive, l'ancien rennais met de l'avant son positionnement sur le terrain. « Je rejoue tout simplement à mon vrai poste, comme défenseur central, détaille celui qui a évolué ces dernières années comme latéral gauche. Durant longtemps, et même si je ne montrais pas mon vrai visage, je n'ai rien dit, car jouer au foot, c'est merveilleux. Mais à un moment, il fallait faire un vrai choix. »

Le « paradis » au Canada

Champion de MLS l'an passé avec Toronto, Chris Mavinga découvre également une nouvelle culture. « C'est le paradis », jure-t-il, en vantant « l'accueil » et la « chaleur » des Canadiens.

« Ma femme et ma fille peuvent se promener et elles sont en sécurité. Je n'ai jamais vu des personnes aussi gentilles dans un si petit périmètre. C'est kiffant. Je vois tout de suite la différence dès que je prends Air France. Les hôtesses râlent. Maintenant, je ne prends plus qu'Air Canada », reprend-il en riant.

Après avoir récemment prolongé son contrat jusqu'en décembre 2020, le Franco-Congolais n'est pas pressé de revenir en Europe. Son but ? Se « stabiliser » après des passages en Angleterre, en France, en Belgique et en Russie, mais aussi obtenir le titre, en fin de saison, de meilleur défenseur de MLS.

« La suite, je ne sais pas. Pour le moment, je veux seulement être performant durant chaque match », ajoute-t-il sobrement, tout en indiquant avoir repoussé sans hésiter des offres provenant d'Allemagne, d'Angleterre et de Turquie durant le dernier mercato hivernal, « car on voulait que je joue latéral gauche. »

En attente de l'appel d'Ibenge

Une nouvelle saison réussie pourrait également le ramener chez les Léopards, croit celui qui n'a pas hésité, mi-mars, à interpeller le sélectionneur Florent Ibenge sur les réseaux sociaux.

Avouant avoir eu « un peu mal » en constatant son absence des dernières listes, Mavinga affirme néanmoins « respecter ses choix ».

« Je voulais juste rappeler mon amour pour mon équipe nationale, soutient-il. Lorsque je ne jouais pas, en Russie, le sélectionneur m'avait appelé pour me dire de ne pas lâcher. Il m'avait conseillé de trouver un club et d'enchaîner les matchs. Ce que je fais. »

Alors que Florent Ibenge a récemment certifié sur RFI qu'il ne l'avait pas oublié, l'intéressé est prêt « à sauter dans l'avion ». « Ce qui est sûr, promet-il, c'est que s'il m'appelle, je ne traînerais pas des pieds et j'y vais direct ! » 

« Mais avec un vol opéré par Air Canada », clame-t-il en rigolant.

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