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Mondial de football: entre Côte d'Ivoire et Maroc, il ne peut en rester qu'un

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Le sélectionneur de l'équipe nationale de Côte d'Ivoire, l'ancien footballeur international belge Marc Wilmots, avec Kolo Touré le 7 novembre 2017 en conférence de presse à Abidjan. REUTERS/Thierry Gouegnon

La pression monte chez les fans de football, avant le dernier match de qualification pour le Mondial 2018 du groupe C africain, qui oppose ce samedi 11 novembre, à Abidjan, la Côte d'Ivoire au Maroc. Avantage pour le moment aux Lions de l'Atlas, en tête de la poule avec un point d'avance. Les Eléphants doivent impérativement l'emporter chez eux s'ils veulent s'envoler pour la Russie. Verdict à partir de 17h30 TU.


Preuve de l'engouement du jour à Abidjan, les 29 000 places disponibles pour la rencontre qui doit se dérouler dans le stade Félix-Houphouët-Boigny se sont vendues en à peine trois jours. A la veille du match, la seule alternative pour les retardataires, c'étaient les revendeurs à la sauvette.

Des supporters ivoiriens croisés dans la capitale vendredi se sont tournés vers ce système parallèle pour trouver des places. « C’est très cher, confie l'un d'eux. Mais comme on aime vraiment la Côte d’Ivoire, on est obligés d’acheter des tickets ! Et j’espère que les joueurs vont nous faire plaisir. »

Un autre supporter des Eléphants se lance dans les pronostics, résolument optimistes comme c'est d'usage en pareille circonstance : « Maroc, 0 ; Côte d’Ivoire, 2 ! Les joueurs sont gonflés à bloc ! J’ai confiance, cette équipe va battre le Maroc 2-0. Deux buts de Wilfried Zaha ! Direction la Russie ! »

D'autres, comme ce commerçant, sont un peu plus stressés. « Ça sera un match difficile, dit-il. Le Maroc a l'avantage sur nous. Un 0-0 et ils sont qualifiés. Donc, ils peuvent ne pas trop forcer, ils peuvent venir jouer la défense. Nous, on a plus la pression. Mais j’espère qu’on va surmonter ça et qu'on va gagner. »

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Pour disputer un quatrième mondial de rang, les Eléphants doivent donc gagner chez eux, point. Aussi, le sélectionneur de l'équipe nationale ivoirienne, le Belge Marc Wilmots, confirme que les supporters attendus en nombre devront remplir à fond leur rôle de « douzième homme » dans les tribunes du stade.

« J’en appelle aux Ivoiriens, qu'ils viennent encourager l'équipe pour passer, lance-t-il. Je dis toujours "tous ensemble". Vous, les médias, vous voulez allez en Russie. Nous, on veut y aller. Le peuple veut y aller. A partir du moment où nous aurons tout fait pour aller à la Coupe du monde, je n’aurai aucun regret. »

« L'ancienne génération va peut-être arrêter et une nouvelle va naître, explique Marc Wilmots. La motivation est à 200 %. Les dirigeants ont fait ce qu’ils devaient. On a parlé avec les joueurs. Aussi bien la direction que moi, on est sur la même longueur d’onde et on fait tout pour que la Côte d’Ivoire soit présente. »

Le sélectionneur du Maroc, l'entraîneur français Hervé Renard, le 10 novembre 2017 en conférence de presse au stade Félix-Houphouët-Boigny d'Abidjan. ISSOUF SANOGO / AFP

Le retour du « sorcier blanc » à Abidjan

Problème : en face, le sélectionneur du Maroc n'est pas n'importe qui. Il s'agit de l'ancien sélectionneur de Côte d'Ivoire, le Français Hervé Renard. Un « sorcier blanc » qui a permis à la Côte d'Ivoire de se hisser sur le toit de l'Afrique lors de la CAN 2015, après avoir déjà raflé la mise en 2012 avec la Zambie.

L'ancien entraîneur de Lille et de Sochaux n'a jamais disputé de Coupe du monde. Mais grâce à son expérience, qui l'a déjà conduit jusque-là avec le Maroc, il sait ce que ses joueurs devront faire pour espérer rejoindre la Russie lors de ce match au stade Félix-Houphouët-Boigny d'Abidjan.

« L'atout majeur du Maroc, dit-il, c'est son esprit collectif. On affronte une sélection ivoirienne qui possède énormément de qualités individuelles, on connaît tous les paramètres du match, je les connais mieux que quiconque, je pense. On est à un match, on est à la fois très près, et en même temps assez loin. »

« Tout reste à faire, prévient le technicien français. C'est comme une finale de CAN, il ne faut pas se louper ce jour-là, parce que sinon c'est trop tard et on regarde ça dans le rétroviseur avec beaucoup d'amertume et de déception. Donc voilà, juste se dire que c'est un match exceptionnel. »

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Et de marteler son message positif à l'adresse des joueurs : « Ce match peut ouvrir les portes d'une voie royale. Il ne faut pas commencer à se poser des questions. Il arrive ce qu'il arrive. D'abord, avant de connaitre le scénario final, il faut être prêt dans sa tête, fort moralement, fort mentalement. »

L'enjeu est grand pour le Maroc, dont la dernière qualification pour un Mondial de football date de l'édition 1998 en France. Strasbourg, la Belgique, les Pays-Bas... certains supporters marocains sont d'ailleurs venus de loin pour soutenir les Lions de l'Atlas en ce jour potentiellement historique pour le royaume.

Et la confiance semble de mise : « On a quand même une bonne équipe, on va gagner », entend-on. « On va gagner 2-0, je pense », prédit un fan. « Le Maroc joue très, très bien. Il va gagner », assure encore un autre Marocain. Mais Dieu restant un rempart contre le stress, il précise aussitôt  : « Inch'Allah ».

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