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Mbaye Leye, prophète chez les Belges

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Le Sénégalais Mbaye Leye. JASPER JACOBS / BELGA / AFP

A 34 ans, et 301 matches au compteur, Mbaye Leye est l’un des joueurs les réguliers du Championnat belge qu’il arpente depuis près de 10 ans. L’attaquant sénégalais, infatigable buteur, considère la Belgique comme sa deuxième patrie et mesure le chemin parcouru dans ce pays qui lui a ouvert ses portes en 2007.


Dans les rues de Dakar, il passerait pour n’importe quel quidam, même avec ses dreadlocks. Mais en Belgique, sa coiffure est connue, comme son sourire éclatant qu’il dégaine souvent sur les pelouses de la Jupiler pro League. Pas prophète chez lui au Sénégal, Mbaye Leye est devenu l’un des visages les plus connus du football belge. C’est la rançon d’un succès construit depuis près de dix ans eu sein du Championnat belge de première division à coups de buts (104) pendant les matches du weekend.

« Aussi Belge que Sénégalais »

Mbaye Leye, c’est 301 matches, 104 buts et quatre clubs (Zulte-Waregem, La Gantoise, Standard de Liège, et Lokeren) en Belgique pour quelqu’un qui considérait la Jupiler Pro League « comme un tremplin » à son arrivée en provenance d’Amiens (Ligue 2 française) en 2007. « 300 matches, c’est énorme, je suis fier de ça mais surtout de la régularité avec les buts que j’ai marqués, et aussi du fait d’avoir joué souvent le haut du tableau ».

Débarqué dans le plat pays à l’été 2007, le natif de Birkilane est désormais un Belge d’adoption. Il dit « nonante » et non quatre-vingt-dix, parle flamand et connaît les coutumes locales. « Je me sens aussi Belge que Sénégalais. Mes enfants sont nés ici, j’ai connaît bien le pays pour avoir joué aussi bien du côté wallon que flamand», confirme Mbaye Leye.

Mais l’ancien joueur d’Amiens a surtout une histoire d’amour particulière avec le club de Zulte-Wargem qu’il a quitté deux fois, pour y revenir deux fois. « J’ai un véritable attachement à Zulte-Wargem, parce que c’est le club par lequel j’ai débuté en Belgique. J’ai de l’estime ici. J’ai tout connu. Et quand j’ai dû revenir, l’entraîneur du club m’a proposé de prendre le brassard avant même que je ne signe. C’est une grande marque de respect qui m’a beaucoup touchée ». Et l’histoire d’amour est au beau fixe puisque depuis son retour l’année dernière dans le club de son cœur, Mbaye Leye a inscrit 34 buts ; 20 la saison dernière et 14 cette saison.

Un buteur régulier VIRGINIE LEFOUR / Belga / AFP

Mauvais timing avec les Lions

Pourtant malgré sa régularité depuis près de 10 saisons, l’ex-joueur du Standard n’a jamais véritablement eu sa chance en équipe nationale du Sénégal. Seulement trois sélections qui datent de la saison 2008-2009. La cause ? Un mauvais timing selon Leye. « Je suis arrivé en sélection au moment de la fin de la génération 2002 avec les Diouf (El Hadji), Fadiga (Khalilou), Diao (Salif), etc. Et surtout je faisais partie du groupe qui s’était fait piteusement éliminé par la Gambie à Dakar pour les éliminatoires de la CAN 2010. Tous ceux qui étaient présents lors de match (1-1) ont été plus ou moins oubliés. Malheureusement pour moi, je suis tombé au mauvais moment ».

Ce rendez-vous manqué avec les Lions ne constitue pas pourtant le regret de sa carrière, assure pourtant Mbaye Leye. « Non, le seul regret de ma carrière c’est de ne pas avoir été champion de Belgique car deux fois le titre m’a échappé à la dernière journée pour un point. C’est dur de voir les autres fêter le titre de champion sous tes yeux »

Aujourd’hui, celui aura 35 ans le 1er décembre prochain n’a pas encore décider de raccrocher les crampons. « Je ne me donne pas de date. Je fais le plus beau métier, donc je joue tant que c’est possible en priant de ne pas connaître la blessure », confie celui qui est par ailleurs consultant sur la chaîne belge RTL et qui a passé déjà ses diplômes d’entraîneur.